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Louis de Gonzague
(1568 - 1591)
Comme il parait loin de nous, ce jeune noble
italien d'une famille richissime, en pleine renaissance ! Un de ces oncles
avait une écurie de six cents chevaux, dont un étalon ferré d'or massif !
Louis a fréquenté la cour de Charles-Quint. Les grands de ce monde rêvaient
de lui pour épouser leurs filles. Mais lui affichait son mépris des
grandeurs. Ne l'a-t-on pas vu arriver à une fête mondaine, où les cavaliers
caracolaient sur leurs pur-sang, monté sur un vieux mulet?
Le jour de sa naissance, son père,
le marquis de Castiglione, avait fait sonner toutes les cloches et tonner les
canons pendant trois jours. Fou de joie et d'orgueil, il avait distribué pain
et vin, gratuitement, à toute la population : son premier enfant, son héritier,
allait assurer la gloire de sa maison et le bonheur de ses sujets ...
Très tôt, Louis s'aperçoit que la
société où l'a placé sa naissance "baigne dans le sang, le poison, un climat
de luxure, d'impudeur et de fausseté." Même sa mère, qu'il aime
pourtant d'une véritable tendresse, le scandalise : il ne peut approuver ses
bariolages de fards, ses décolletés, ses parfums agressifs. Le monde qui
l'entoure, pourri de richesses et de passions, est à ses yeux marqué par la
mort. Deux de ses frères mourront assassinés, ainsi qu'un oncle, à
l'instigation de son frère Rodolphe ! Sa propre mère, un jour sera poignardée
et laissée pour morte ...
Louis a choisi l'Evangile, avec
toute sa force de contestation. Il est fasciné par l'absolu de Dieu.
Pour suivre sa vocation, il doit arracher à son père, à sa puissante famille,
à l'empereur lui-même "le droit de sacrifier tous ses droits et son droit
d'aînesse". Même pendant son noviciat, il rentre pour un temps dans sa famille,
afin de régler des "affaires explosives" que lui seul pouvait apaiser.
Dans sa vie spirituelle, donner à
Dieu le temps qui Lui revient, cela signifie pour lui recommencer toute
l'heure d'oraison quand une distraction l'a interrompue ! Il faudra la sage
direction de saint Robert
Bellarmin, son père spirituel, pour assouplir et adoucir cet héroïsme fou.
Au printemps 1591, Louis étudie
la théologie à Rome quand une épidémie de peste. Louis se livre entièrement au
service des pestiférés. Il les approche dans la rue, les soigne, les prend
dans ses bras ... Le 21 juin, il meurt, non pas de la peste, mais d'un
épuisement subit et rapide de son organisme.
Saint Jean Berchmans,
saint Jean Bosco, saint Dominique Savio avaient pour Louis une amitié et une
admiration sans bornes.
Source:
Site des
Jésuites de Belgique
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