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Les FIC et leur Naissance
Nous sommes en 1817. L'Abbé Jean-Marie de la Mennais est Vicaire Capitulaire de
Saint-brieuc. La charge est lourde: il y a tant de choses à reconstruire dans le
diocèse après les années révolutionnaires. L'abbé Jean voit clairement que le
vrai moyen d'assurer l'avenir religieux de la Bretagne est d'éduquer
chrétiennement l'enfance.
Il demande à ses confrères de lui envoyer quelques jeunes gens pieux et
intelligents. Il en reçoit trois qu'il installe dans sa propre maison et qu'il
forme lui-même. L'Institut des Frères est fondé et le Vicaire Capitulaire ouvre
sa première école à Saint Brieuc même.
En 1816, à Auray, l'abbé Gabriel Deshayes avait fondé une oeuvre semblable. Les
deux Fondateurs prennent en 1819 la résolution d'associer leurs efforts. En
1821, l'abbé Deshayes est élu Supérieur Général de la Compagnie de Marie et des
Soeurs de la Sagesse; l'abbé Jean-Marie de la Mennais assure seul le
gouvernement de l'Institut des Frères de l'Instruction Chrétienne.
La Maison-Mère de la Congrégation, d'abord établie à Josselin, est transférée en
1824 à Ploërmel. Cette Maison sera désormais considérée comme le berceau de
l'Institut et fera surnommer, en France, les Frères de l'Instruction Chrétienne:
Frères de Ploërmel. Elle sera la pépinière qui va permettre au Père de la
Mennais d'ouvrir des écoles à un rythme accéléré. En 1827, dix ans après sa
fondation, son Institut comptera déjà cent soixante Frères instruisant dans
cinquante sept écoles environ six mille élèves.
Le Père de la Mennais avait également en vue des missions lointaines. Aussi ne
refusa-t-il pas la proposition de l'amiral Rosamel, Ministre de la Marine qui
lui demandait quelques Frères pour organiser l'enseignement primaire dans les
Antilles françaises. En 1837, cinq Frères s'embarquaient pour la Guadeloupe; un
autre groupe arriva à la Martinique en 1839. Malgré la mauvaise foi et
l'hostilité des colons, ils réussirent à instruire et à éduquer les esclaves des
Antilles. Les Frères catéchistes surtout - dont le célèbre Frère Arthur - ont
été à la Guadeloupe et à la Martinique les vrais héros de l'évangélisation et de
la libération des esclaves. En 1841, il envoya un premier contingent au Sénégal.
Les îles pauvres de Saint-Pierre et Miquelon reçoivent à leur tour les Frères en
1842. Enfin, c'est dans la lointaine Tahiti que les Frères débarquent en 1860.
A la fin de sa vie, quand il cédera le gouvernail de l'Institut à son successeur,
voici ce qu'il lui remet entre les mains: 941 Frères, dont 156 missionnaires,
donnant l'instruction à 50.000 élèves dans 348 écoles.
La vitalité de sa Congrégation sera pour le Père de la Mennais sa suprême
consolation. Il écrivait dans sa dernière lettre aux Frères: "La plus précieuse
consolation que je puisse emporter dans la tombe, ce n'est pas de compter le
plus grand nombre de sujets que je laisserai dans vos rangs. Ce qui m'affermira
dans cette pensée que votre Institut ne sera pas une oeuvre éphémère, mais une
Institution durable, c'est l'assurance de vous laisser pleins de cet esprit de
ferveur qui, seul, est l'âme de toute société religieuse et en fait la force et
la durée."
Source:
Livret "Cent Ans à Saint-Louis de Gonzague" publié à l'occasion du
centenaire de l'Institution Saint-Louis de Gonzague en 1990.
Reproduite avec la permission des FIC
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